2009. Choléra.
Le Monde consacre un article sur son site web à un entretien avec David Heymann directeur adjoint de l'OMS, je reproduis qqs extraits.
"C'est peu dire que nous sommes aujourd'hui excessivement inquiets. Cette épidémie a désormais touché plus de 60 000 personnes dans ce pays africain. Et elle en a tué, au total, près de 3 200. Les scénarios épidémiologistes les plus pessimistes se sont réalisés. Nous sommes confrontés à l'une des pires situations depuis que le choléra est une entité pathologique connue et décrite. Par certains côtés, il n'est pas exagéré de dire que ce qui est aujourd'hui observé au Zimbabwe évoque ce qui a pu se passer au Moyen Age lors des grandes épidémies de choléra, alors que l'on ne connaissait rien des mécanismes de contamination et des voies de transmission de l'agent pathogène."
"Cette situation nous rapproche de facto des impuissances observées au Moyen Age face aux épidémies de choléra, alors même que les personnes exposées sont aujourd'hui globalement mieux informées. Une différence importante doit ainsi être observée : la mortalité des personnes infectées à cette époque était vraisemblablement élevée. Elle a été de 5 % au Zimbabwe, et tend à se situer aujourd'hui autour de 3 %, ce qui demeure toutefois encore totalement inacceptable."
"Faire un pronostic ? Malheureusement pas. D'une part, au vu des informations récoltées sur le terrain, rien ne nous permet de penser que le bilan officiel des cas et des morts ne soit pas sous-évalué. Nous ne disposons pas non plus, d'autre part, d'éléments permettant de prévoir raisonnablement ce que pourra être la suite de cette épidémie cholérique.
Des éléments inquiétants voisinent avec d'autres qui le sont moins. D'une manière générale les problèmes auxquels les acteurs sanitaires sont quotidiennement confrontés sont simples : comment distribuer, au mieux et au plus près des populations concernées, les dispositifs de réhydratation orale et les produits de désinfection des eaux de boisson."