Du commerce (1)

Publié le par sfr69

2 ou 3 commentaires sur certaines mesures qu'on veut bien nous présenter comme destinées à dynamiser le commerce - et la consommation... et à obtenir ces points (ou dixièmes de points, vu la situation actuelle...) de croissance du PIB tant recherchés et commentés !

On nous a parlé, depuis 2007, de l'ouverture des magasins le dimanche. Ce qui existe depuis longtemps dans la très libérale Amérique (et en même temps, croyante). Il n'y a donc rien d'incompatible pour les Américains à respecter le jour du seigneur en se rendant à l'office le dimanche matin (office qui d'ailleurs peut durer 2 à 3heures, rien à voir avec les 50 minutes de la messe française), et dans le shopping mall l'après-midi !
Sur la théorie du lien entre protestantisme et valorisation de l'activité commerciale et de l'enrichissement économique, un ouvrage classique : Max Weber, L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme.

Dans l'Europe latine, en voie avancée de sécularisation, les taux de pratique religieuse chrétienne continuent à diminuer régulièrement, tandis que le brassage des cultures contribue à faire fonctionner le commerce tous les jours de la semaine (je pense à nos concitoyens musulmans); il n'y aurait donc guère d'obstacle à autoriser le travail dominical, ce dernier étant assuré d'une meilleure rémunération (pour les salariés).

Seulement, je me pose la question de la pertinence de cette mesure dans notre société du XXIe siècle, où le bien-être semble être un objectif politique assez peu souvent avancé.  Où le leitmotiv de "la valeur travail" a fait reléguer la question de "la valeur DU travail" (nous y reviendrons un autre jour), posée actuellement par un courant politique de gauche, dont je peux d'autant faire la pub que je n'en suis pas membre ! (http://www.utopia-terre.fr/).

En vacances dans une ville italienne j'ai récemment lu que la province de Vénétie envisageait d'autoriser l'ouverture des magasins le dimanche ; Italie où je découvre que là aussi les supermarchés sont ouverts jusqu'à 18h le 1er novembre, jour officiellement férié (heureux que nous sommes, enseignants, postiers, fonctionnaires des impôts, etc., et cols blancs du tertiaire !), pour une raison que la majorité de la population ignore désormais plus ou moins.
Et ce soir dans mon supermarché de quartier, qui fermait ses portes à 18h au lieu de 20h30, j'ai vu les pauvres employés, qui lutter en vain contre une acheteuse potentielle voulant rentrer à 18h05, qui se prendre des remontrances de la part de jeunes citadins (à qui j'avais en plus gracieusement cédé mon tour!). Oui, je sais, honte à moi déjà de m'y être rendu (mais je rentrais et ma cuisine était vide !)
En conclusion provisoire, je dirais : "Oui à la laïcité de notre France et à l'adaptation éventuelle des jours fériés, non à la victoire de la société de consommation" qui, après avoir créé l'hygiène et le bien-être matériel des classes moyennes au XXe siècle, n'a plus comme but que de s'auto-entretenir par la création de besoins superflus ou d'objets mercantiles servant de "codes" ou "rites" aux sous-groupes de nos sociétés, et de nous faire oublier de prendre le temps de ne rien faire, de penser, de méditer, de pratiquer le bénévolat ou de produire une action de bonne volonté, enfin, de nous cultiver. 
Le dimanche mériterait bien qu'on lui consacre tout cela ! Rangeons la société de consommation au placard au moins 1 jour sur 7 et prenons le temps de chercher à changer notre société.

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Publié dans Société

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